Reprendre la compétition après 50 ans : ce que le corps a gardé de toutes ces années

Temps de lecture : 6 minutes

kinésiologie test musculaire homme 55 ans Aix En Provence

Nous avons demandé à Elodie Loubaud, kinésiologue au Tholonet à Aix-En-Provence, ce qu’elle observe chez les sportifs de plus de cinquante ans. Elle nous répond :

Vous courez depuis trente ans, vous connaissez le parcours par cœur, et vous avez déjà affronté bien pire que ce qui vous attend dimanche. Et pourtant, la veille au soir, il y a cette crispation qui n’était pas là à trente ans. Ou qui y était, mais pas de cette façon.

Ce n’est pas votre imagination, et ce n’est pas non plus le signe qu’il faudrait arrêter.

Je suis kinésiologue au Tholonet, près d’Aix-en-Provence, et je reçois de plus en plus de personnes qui continuent à se donner des échéances sportives passé la cinquantaine. Certaines n’ont jamais arrêté, d’autres reviennent après quinze ans de pause et découvrent que le rapport à la ligne de départ a changé sans qu’elles aient rien décidé.

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Ce qui change vraiment n’est pas ce qu’on croit

La première chose qu’on me dit, c’est presque toujours une histoire de corps qui ne suit plus. Mais quand on prend le temps de dérouler, ce qui revient en réalité, c’est la comparaison avec celui ou celle qu’on a été.

Il y a la crainte de ne plus y arriver comme avant, qui s’installe bien avant le jour J et qui pèse souvent plus lourd que la course elle-même. Il y a cette prudence nouvelle, qui n’existait pas du tout à trente ans, et dont on ne sait pas très bien si elle relève de la sagesse ou de la peur. Et il y a parfois l’inverse exactement, une pression qu’on se met bien plus fort qu’à l’époque, parce qu’on sent confusément que le temps compte davantage maintenant.

Aucune de ces trois choses ne se règle en se répétant que ce n’est pas grave. C’est bien là le problème.

Un corps de cinquante-cinq ans a simplement plus d’années derrière lui

Notre corps est une source qui a accumulé des blocages, des émotions, des sensations, et il ne les trie pas comme nous aimerions qu’il le fasse. À vingt ans, il y a peu de choses dans cette réserve. À cinquante-cinq, il y en a une vie entière.

Quelqu’un qui se présente sur une course à cet âge arrive avec toute une carrière professionnelle derrière lui, des enfants qui ont grandi, parfois des années difficiles qu’il n’associe absolument pas au sport. Et ce qu’il a traversé pendant trente ans ne s’arrête pas poliment à la ligne de départ.

C’est pour cette raison qu’une échéance qui ne représente objectivement pas grand-chose peut nouer quelqu’un de très solide, pendant qu’une autre bien plus exigeante se passe sans le moindre problème. Le corps ne fait pas la différence entre ce qui compte et ce qui ne compte pas, il réagit à ce qu’il a enregistré ailleurs, parfois bien avant, parfois dans un tout autre domaine que le sport.

Ce que je fais, et surtout ce que je ne fais pas

Je préfère poser les choses clairement tout de suite, parce que le flou dans ce domaine dessert tout le monde.

Je ne travaille ni sur le vieillissement, ni sur la récupération, ni sur quoi que ce soit de physiologique. Ce n’est pas mon domaine et cela regarde un médecin du sport. Si vous avez une douleur qui s’installe ou une articulation qui vous inquiète, c’est un médecin ou un kinésithérapeute qu’il faut aller voir, et cette phrase n’est pas une précaution de forme.

Ce sur quoi je travaille, c’est ce qui se crispe. Et passé un certain âge, ce qui se crispe a souvent une histoire plus longue derrière lui.

La kinésiologie est une approche douce qui utilise le test musculaire pour explorer les liens entre le stress, les émotions et les tensions du corps. C’est une pratique d’accompagnement au bien-être, ce n’est pas une thérapie, et ce n’est pas non plus de la préparation mentale au sens où un préparateur l’entend. Les deux se complètent d’ailleurs très bien, elles ne se remplacent pas.

Le test musculaire, concrètement, c’est une légère pression exercée sur un muscle, le plus souvent le bras, pour observer la réponse tonique du corps. Rien de spectaculaire et rien de douloureux. Beaucoup de sportifs le connaissent d’ailleurs déjà sans le savoir, puisqu’il vient à l’origine de la chiropraxie et de l’étude du tonus.

Comment se passe une séance

Nous échangerons d’abord ensemble sur ce que vous vivez, sans que vous ayez besoin de tout raconter. C’est un point sur lequel j’insiste, parce que beaucoup de gens arrivent en pensant qu’ils vont devoir dérouler trente ans d’histoire personnelle. Le corps travaille avec le corps et pas avec le récit, vous me donnez le contexte que vous voulez et rien de plus.

Nous élaborerons ensuite un objectif de travail, quelque chose de précis et formulé avec vos mots à vous. « Arriver au départ sans avoir déjà couru la course vingt fois dans ma tête. » « Arrêter de me comparer à ce que je faisais il y a quinze ans. » Suivant ce que le corps me donne, je mettrai en place un protocole pour rééquilibrer le physique avec l’émotionnel, avec divers outils : mouvements oculaires, stimulation de points neurolymphatiques, points vasculaires, méridiens….

Et à la fin, grâce au test musculaire, je vérifie si l’objectif est atteint et si la séance peut se terminer. On ne s’arrête pas parce que l’heure est passée, on s’arrête parce que le corps a répondu.

J’ai détaillé ma façon de travailler sur ces états dans un accompagnement en kinésiologie près d’Aix-en-Provence.

Ce que je finis par dire à presque tout le monde

Ce ne sont pas des recettes, et rien ne remplacera ce que vous savez déjà de votre propre fonctionnement après toutes ces années de pratique.

La première chose, c’est qu’il ne faut pas chercher à supprimer cette tension. Un corps qui monte avant un départ fait exactement son travail, et ce qui pose problème n’est pas la montée, c’est quand elle ne redescend plus une fois la ligne franchie.

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Il y a aussi un intérêt réel à savoir où ça se loge chez vous, parce que chacun a son endroit à lui. La nuque, l’estomac, la mâchoire, le bas du dos, le diaphragme…. Le connaître change déjà beaucoup de choses le jour venu, ne serait-ce que parce qu’on arrête de se demander ce qui se passe.

Et puis le conseil que je donne le plus souvent, qui reste aussi le moins suivi de tous : travaillez en amont, pas la veille. La veille, on ne fait plus que gérer ce qui est déjà installé.

Quelques questions qu’on me pose

Est-ce que ce n'est pas un peu tard, à mon âge ?

Non, et c’est une question que je trouve révélatrice de ce dont nous parlions plus haut. Le corps garde à tout âge sa capacité à relâcher ce qu’il porte, et je n’ai jamais constaté que cela devenait plus difficile avec les années.

Je vous y encourage franchement, d’autant plus si vous avez un suivi régulier, ce qui est fréquent quand on continue la compétition après cinquante ans. Une approche complémentaire se pratique d’autant mieux que tout le monde est au courant.

Cela dépend entièrement des personnes et de l’objectif. Une séance peut suffire pour quelque chose de précis, un accompagnement plus profond peut en demander trois à cinq. Vous pouvez venir me voir soit ponctuellement, soit pour un soutien sur plusieurs séances.

La kinésiologie ne présente aucune interaction avec un traitement médicamenteux, vous pouvez donc venir sans souci. N’arrêtez jamais un traitement de votre propre initiative en revanche, cette décision appartient à votre médecin et à personne d’autre.

Pour finir

Ce que les gens me rapportent le plus souvent, ce n’est presque jamais le résultat sportif. C’est cette phrase qui revient : « j’ai enfin dormi la nuit d’avant ». C’est souvent le sommeil qui bouge en premier, avant même qu’on ait fait le lien avec la séance.

Et si vous en ressentez le besoin, je reçois au cabinet, au Tholonet, où nous prendrons le temps de regarder ensemble ce qui vous amène.

Le corps garde beaucoup de choses, et après cinquante ans il en garde forcément davantage. Le bon côté, c’est qu’il sait aussi les reposer quand on lui laisse l’espace pour le faire.

Elodie Loubaud est kinésiologue certifiée. Elle reçoit au cabinet Quintessence, 203 Av. Paul Jullien, 13100 Le Tholonet, à quelques minutes d’Aix-en-Provence. Elle accueille avec bienveillance, sans jugement et avec tolérance les enfants, les adolescents et les adultes. Séance de 1h à 1h30, 70 €. La kinésiologie ne remplace pas un avis médical, un diagnostic ou un suivi lorsque celui-ci est nécessaire.

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